Au Gabon, depuis 1991, les politiques, toujours habiles à faire payer aux plus faibles leurs propres turpitudes, ont estimé qu’à diplôme égal et travail égal, les enseignants seraient désormais distingués selon la date de leur recrutement et par conséquent ne toucheraient pas le même salaire, pour faire des économies.
Ainsi on distingue les « avant-91 » et les après…
Ceux qui ont été recrutés avant (quand la fonction enseignante était encore valorisée et non suspecte d’opposition ou de menées subversives) touchent des primes et autres avantages que n’ont pas les recrutés après 91.
L’écart est d’environ du tiers (si l’enseignant après 91 touche 400.000 FCFA, l’avant-91 touche 700.000 FCFA). Un scandale dans un pays de droit.
Mais le plus scandaleux, c’est que les soi-disant syndicats n’en aient jamais fait leur cheval de bataille, trop préoccupés par leurs combinazione…
Quand on sait que depuis 2002-2003 le prix du baril de pétrole a été boosté par la guerre en Irak (merci Oncle Sam), on attend toujours que l’embellie pétrolière permette de rétablir les enseignants sur le même pied d’égalité.
Avec ça, pas étonnant que l’enseignement devienne la voie royale pour entrer dans la Fonction publique mais aussitôt titularisé…Pfuitt ! L’enseignant d’après-91 abandonne craie et élèves pour le monde politique, autrement plus intéressant financièrement parlant.
Il n’empêche que bientôt l’Education nationale sera incapable de retenir les meilleurs enseignants et que pour longtemps encore cette Education nationale sera dépendante des enseignants expatriés, puisque incapable d’offrir un salaire juste et de réelles perspectives de carrière.
Et bientôt on demandera : y a-t-il un prof dans la salle ?
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